Lettre ouverte adressée à Monsieur Michel Heinrich, Député de la 1ere
circonscription des Vosges et maire d’Epinal,
Monsieur Alain Roussel, Vice président du Conseil Général des Vosges
Monsieur le Député Maire,
Monsieur le Vice Président,
L’association Cadémovi, dont vous avez reçu une délégation en septembre dernier, est opposée au projet d’un centre de stockage des déchets sur le site de « La Campagne » à Villoncourt. A l’ occasion de cette rencontre, vous nous avez signifié la nécessité d’une telle implantation, ainsi que les points de vigilance qui, selon vous, s’imposaient sur le sujet.
Ce qui justifie l’opposition de Cadémovi, c’est en premier lieu la certitude que des solutions plus respectueuses de l’environnement et des générations futures existent, tant en alternative à l’enfouissement, qu’en amont de celui-ci afin de réduire au maximum les volumes et la dangerosité des matières enfouies. De nombreux exemples dans les pays mais aussi les départements voisins existent.
Le souci de préserver nos ressources naturelles est de plus en plus partagé et cela se traduit par un cadre légal et réglementaire qui peu à peu se précise et fait apparaître l’enfouissement comme une technique inadaptée et donc dépassée. Pourtant s’agissant très précisément de ce qui nous préoccupe, les textes comportent encore des formulations floues, et la définition de déchet ultime reste une notion à géométrie variable. Ces imprécisions ouvrent –hélas- la porte à des dérives d’exploitation et de gestion nombreuses et graves. Ainsi le stockage prévu par la loi donne souvent lieu, dans la réalité, à des démarches d’enfouissement, les exemples sont très nombreux. Sachant que l’enfouissement est la plus rentable, mais la plus risquée des solutions pour l’environnement et la santé, nous aimerions connaître les arguments qui peuvent conduire à privilégier ce type d’installation.
Dans l’attente de voir la directive européenne 2008/98/CE sur les déchets transposée en droit français (avant fin 2010), ce qui aura pour effet non seulement de préciser le cadre légal, mais surtout de faire reculer le recours à l’élimination et donc à l’enfouissement, faut-il agir en étant guidé par le principe de précaution, ou au contraire se dépêcher de mettre en place des solutions douteuses avant que leur implantation ne soit rendue plus complexe ? Notre opposition tient en second lieu au constat que nous ne voyons pas précisément comment est appliqué le principe de précaution dans le projet qui nous concerne. Nous souhaitons connaître votre approche sur ce point.
Le 20 octobre dernier, lors d’une réunion organisée par Sita Lorraine à Châtel sur Moselle et destinée à présenter les grandes lignes du projet aux élus du secteur, à laquelle participaient des représentants de Cadémovi, le « profil géologique très complexe du site de La Campagne » était évoqué par l’exploitant lui-même. L’existence de nombreuses dolines (signes d’une infiltration aisée des eaux de ruissellement) à proximité immédiate du site est précisée, mais pouvons-nous raisonnablement admettre, que miraculeusement, la nature du sous-sol change radicalement, et apporte soudain la garantie d’une perméabilité suffisante à de telles installations ? Lors de notre rencontre de septembre dernier vous nous avez assuré, de votre vigilance sur les risques géologiques : comment celle-ci va-t-elle se traduire désormais ?
Par ailleurs le volume de déchets ménagers susceptible d’être acheminé sur le site nous semble sans rapport avec les préconisations du PEDMA, nous souhaitons connaitre les raisons de tels écarts.
Vous nous avez également assuré de votre attention aux questions de transports. Or, le projet envisagé prévoit un passage des camions (nous constatons par recoupement des infos données par SITA, que leur nombre a été minimisé) à proximité immédiate de Villoncourt, et dans Sercoeur, commune qui doit par ailleurs être contournée pour des raisons de sécurité et d’aménagement du cadre de vie. Quelles sont vos préconisations en la matière ? Devons-nous considérer, au vu de ce qui se profile, que le monde rural est considéré d’une part comme un simple espace à traverser et non un lieu de vie ? D’autre part comme une réserve foncière pour les aménagements indésirables en milieu urbain ?
Dans l’attente des réponses que vous pourrez apporter à toutes ces interrogations, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Député Maire, Monsieur le Vice Président, l’expression de notre respectueuse considération.
Le Président de Cadémovi,
Damien Perrin
Qu’est-ce qu’un CSDND ?
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